Montenegro Construction Law

Légaliser une construction sans permis au Monténégro : ce que change l'échéance du 14 août 2027

Bâtiment sans permis au Monténégro : ce que signifie l'échéance du 14 août 2027, l'orthophoto de juillet 2025, le cadastre et l'interdiction de vendre.

Rohat Kahraman· 2 septembre 2026· 7 min de lectureMis à jour le · 2 septembre 2026
Légaliser une construction sans permis au Monténégro

Au Monténégro, la légalisation d'un bâtiment sans permis repose sur l'orthophotographie officielle de juillet 2025 : ce qui n'y figure pas ne peut pas être inscrit. L'échéance du 14 août 2027 n'est pas une date limite de dépôt au sens français, c'est le délai pour engager l'inscription du bâtiment au cadastre ; passé ce délai, l'inspecteur doit ordonner la démolition.

Cette page répond au message que je reçois le plus souvent de propriétaires francophones déjà sur place, et il prend presque toujours l'une de ces trois formes. La maison achetée il y a des années comporte une extension que personne n'a jamais déclarée. Le permis obtenu en 2022 n'a jamais été suivi de travaux. Le gros œuvre est là, l'entreprise est partie. Trois situations, trois régimes juridiques différents — et une seule erreur commune, celle d'attendre.

Commençons par le vocabulaire, parce que le réflexe français induit en erreur : il n'existe pas ici de « permis de régularisation » de droit commun. Il existe une loi spéciale, limitée dans le temps, avec ses propres conditions.

Votre situationRégime applicableCe que cela implique
Bâtiment ou extension sans permisLoi sur la légalisation des constructions sans permis (Sl. list CG 91/25, 18/2026, 117/2026)L'orthophoto de juillet 2025 décide ; ce qui n'y figure pas ne s'inscrit pas
Permis délivré, chantier jamais ouvert dans les 2 ansLoi sur la construction, article 35Le droit de construire s'éteint, sans prorogation : nouvelle demande
Chantier ouvert, non achevé dans les 5 ansLoi sur la construction, article 43Redevance annuelle sur la valeur estimée et mise en sécurité du chantier
Bâtiment terminé, sans permis d'habiterLoi sur la construction, articles 53 à 60Utilisation interdite, inscription impossible
Feuille de propriété sans mentionLoi sur la légalisation, article 51Le cadastre dispose de 36 mois pour inscrire d'office : une feuille propre ne prouve rien

Ce que dit exactement la loi sur la légalisation

Le point de départ n'est pas une demande, c'est une preuve. L'article 7 fonde tout le régime sur l'image satellite et aérophotogrammétrique officielle du Monténégro de juillet 2025, publiée par le ministère sur le géoportail. L'article 48 alinéas 3 et 4 en tire la conséquence : l'inscription au cadastre d'un bâtiment sans permis qui n'apparaît pas sur cette image est interdite, et si elle a eu lieu, le cadastre doit annuler sa décision. C'est la première chose que je vérifie dans chaque dossier, parce qu'elle décide si la suite a un sens.

L'article 2 définit le bâtiment sans permis comme celui construit, reconstruit, agrandi ou surélevé sans acte autorisant la construction ou en contradiction avec lui — et son alinéa 2 précise que lorsqu'un permis existe mais que la surface a été dépassée, seul l'excédent est irrégulier. Beaucoup de villas côtières relèvent de ce cas plutôt que de l'illégalité totale, et cela change tout le dossier.

Le délai du 14 août 2027, et ce qu'il est vraiment

À l'origine, le propriétaire disposait de six mois à compter de l'entrée en vigueur de la loi, le 14 août 2025, pour engager l'inscription au cadastre. La modification de février 2026 l'a porté à douze mois, puis celle publiée le 7 août 2026 au 14 août 2027 (Sl. list CG 117/2026). Je n'ai pas lu ce dernier texte in extenso — ma recherche le documente par sa publication et par des sources spécialisées, pas par le texte complet au journal officiel — donc prenez la date au sérieux, mais faites-la confirmer avant de déposer. Passé le délai, l'article 48 alinéa 2 impose à l'inspecteur de rendre une décision de démolition.

Pourquoi c'est le cadastre, et pas l'amende, qui coûte cher

Deux articles pèsent plus lourd que la légalisation elle-même. L'article 33 interdit la circulation juridique du bâtiment sans permis : il ne peut être ni vendu ni transmis, et aucune activité économique ou autre ne peut y être exercée. La mention d'interdiction est portée en partie G de la feuille de propriété et peut être requise par l'administration, par les organes qui délivrent des autorisations d'activité, par les inspecteurs et par le notaire appelé à instrumenter la vente. L'article 51, lui, donne au cadastre 36 mois pour porter ces mentions d'office. Autrement dit, une feuille de propriété propre en 2026 ne signifie pas que le bien est en règle : elle signifie que l'administration n'y est pas encore passée.

S'y ajoute une redevance que les propriétaires découvrent souvent trop tard. L'article 26 institue une redevance annuelle d'occupation de l'espace lorsque aucune demande n'a été déposée, qu'elle a été rejetée, que l'inscription au cadastre n'a pas été engagée ou qu'une décision de démolition existe : de 0,5 à 2,0 % par mètre carré net si l'élaborat a été produit, de 1 à 3 % par mètre carré brut sinon, la base étant le prix moyen de construction des logements neufs publié par l'office statistique pour l'année précédente. Avec la valeur côtière de 2 081 euros/m² de fin 2025, la fourchette basse représente de l'ordre de dix à quarante euros par mètre carré et par an. Et l'article 31 alinéa 5 précise qu'une décision de démolition n'interrompt ni l'impôt foncier ni cette redevance.

Ce que coûte la légalisation quand elle aboutit

La redevance de régularisation urbaine (urbana sanacija) est fixée par le conseil municipal avec l'accord préalable du gouvernement, calculée au mètre carré net d'après l'élaborat validé par le cadastre, et payable en 120 mensualités au plus — 360 pour une habitation principale (article 23). Le produit se partage à 80 % pour la commune et 20 % pour l'État, intégralement pour les communes du nord. Pour un hôtel ou un resort touristique 4 et 5 étoiles, le montant est en revanche fixé par la loi elle-même : de 400 à 800 euros par mètre carré de surface construite, en une fois ou en 60 mensualités au plus (article 23 alinéa 12).

Les réductions existent mais ne se cumulent pas : jusqu'à 50 % pour l'habitation principale, jusqu'à 90 % pour des catégories vulnérables énumérées et jusqu'à 20 % en cas de paiement unique (article 23 alinéas 6 et 7). L'habitation principale suppose que le propriétaire et son foyer y vivent, y aient leur résidence et ne possèdent pas d'autre logement au Monténégro (article 10) : une villa de vacances détenue par un non-résident n'y entre pas. Sur le littoral s'ajoute une redevance spéciale au titre de l'adduction d'eau régionale, payable en 36 mensualités au plus (article 25). Les frais sont à la charge du propriétaire et la décision comporte une déclaration certifiée par laquelle il renonce à agir contre l'État, la commune et les sociétés publiques pour tout ce qui touche à la légalisation et à l'usage du bâtiment (article 12 alinéas 8 et 10).

Quand la décision de légalisation devient définitive, le cadastre l'inscrit dans les 40 jours et efface les mentions de construction sans permis et d'interdiction de vendre (article 21). C'est ce jour-là, et pas avant, que le bien redevient un objet de vente ordinaire. Pour les petits bâtiments — annexe ou maison d'au plus deux niveaux et 200 m² nets sans activité commerciale —, une déclaration certifiée du propriétaire assumant sa responsabilité envers les tiers peut remplacer l'analyse de stabilité ; au-delà de 500 m², le rapport est examiné par un réviseur licencié (article 15 alinéa 2).

Permis expiré ou chantier abandonné : ce n'est pas la même voie

La légalisation concerne ce qui a été bâti sans permis. Si vous aviez un permis mais n'avez pas ouvert le chantier, l'article 35 de la loi sur la construction éteint le droit de construire au bout de 2 ans, sans prorogation : il faut une nouvelle demande, et entre-temps les conditions techniques d'urbanisme de la parcelle ont pu changer. Si le chantier a été ouvert mais traîne, l'article 43 impose l'achèvement dans les 5 ans, puis une redevance par année commencée sur la valeur estimée dans le projet révisé.

Pour un gros œuvre laissé par une entreprise partie, la première urgence est de figer l'état : relevé géométrique, photos, inventaire des matériaux et décompte des acomptes. Sans cela, personne ne pourra dire plus tard ce qui a été construit avec votre argent. Vérifiez aussi deux articles avant de réclamer des pénalités : l'article 279 alinéa 2 de la loi sur les obligations les efface lorsque le retard n'est pas imputable à l'entrepreneur, et l'article 280 alinéa 5 lorsque vous avez réceptionné sans réserver votre droit sur-le-champ. En revanche, la responsabilité décennale de l'article 712 pour les défauts de solidité joue de plein droit et ne peut être écartée par contrat.

Dans tous les cas, la ligne d'arrivée est la même : réception technique, permis d'habiter — l'article 60 interdit d'utiliser le bâtiment avant —, puis inscription au cadastre. Si vous partez au contraire d'une parcelle nue, le parcours est décrit sur la page faire construire une villa au Monténégro, et la chaîne complète sur la page investir dans la construction au Monténégro.

Vous ne savez pas dans laquelle des trois situations vous êtes ? Envoyez-moi par la page de contact la feuille de propriété, le numéro de parcelle, des photos et tous les documents existants. Sous 3 jours ouvrés, vous recevez par écrit le classement de votre situation, ce qui peut encore être déposé et ce qu'il faut faire relever — sans promesse de résultat, puisqu'il dépend de l'orthophoto et de ce qui est inscrit au cadastre.

Questions fréquentes

Le 14 août 2027 est-il la date limite pour déposer une demande de légalisation ?

C'est le délai pour engager l'inscription du bâtiment sans permis au cadastre, tel qu'il résulte de la modification publiée le 7 août 2026 (Sl. list CG 117/2026) après un premier délai de six mois puis de douze. Je n'ai pas lu ce texte intégralement, donc faites confirmer la date au journal officiel avant de déposer. Ce qui est certain, c'est la conséquence : l'article 48 alinéa 2 impose à l'inspecteur d'ordonner la démolition une fois le délai écoulé.

Ma maison n'apparaît pas sur l'orthophoto de juillet 2025. Que faire ?

La légalisation n'est alors pas ouverte : l'article 7 fonde le régime sur cette image et l'article 48 alinéas 3 et 4 interdit l'inscription de ce qui n'y figure pas, en obligeant même le cadastre à annuler une inscription déjà faite. Pour une construction postérieure à l'image, la seule voie est le permis de construire ordinaire, si les conditions d'urbanisme de la parcelle le permettent. C'est la première vérification à faire, avant toute dépense.

Puis-je vendre une maison sans permis ou sans permis d'habiter ?

Un bâtiment sans permis ne peut pas circuler juridiquement : l'article 33 de la loi sur la légalisation interdit la vente et l'exercice d'une activité, et la mention d'interdiction peut être requise par le notaire chargé de l'acte. Un bâtiment couvert par un permis mais dépourvu de permis d'habiter peut juridiquement se vendre, mais l'article 60 en interdit l'utilisation et il n'est pas inscrit comme achevé : acheteurs et banques s'en détournent.

Combien coûte une légalisation ?

Cela dépend de la commune et du bâtiment. La redevance de régularisation urbaine est fixée par le conseil municipal avec l'accord du gouvernement, au mètre carré net, payable en 120 mensualités au plus (360 pour une habitation principale). Pour un hôtel ou un resort 4 et 5 étoiles, la loi fixe elle-même 400 à 800 euros par mètre carré. Les réductions — 50 % habitation principale, 90 % catégories vulnérables, 20 % paiement unique — ne se cumulent pas, et sur le littoral une redevance d'adduction d'eau s'ajoute.

Que se passe-t-il si je ne fais rien ?

Trois choses en parallèle. La redevance annuelle d'occupation de l'espace de l'article 26 court, y compris après une décision de démolition (article 31 alinéa 5). La mention d'interdiction de vendre finit par être portée d'office au cadastre, qui dispose de 36 mois pour cela (article 51). Et à l'expiration du délai d'inscription, l'inspecteur doit rendre une décision de démolition (article 48 alinéa 2). L'inaction n'est donc pas neutre, elle est facturée.

Une extension non déclarée rend-elle toute la maison illégale ?

Pas nécessairement. L'article 2 alinéa 2 prévoit que, lorsqu'un permis existe et que la surface autorisée a été dépassée, seul l'excédent est considéré comme irrégulier. C'est un point qui change le coût et la stratégie du dossier, et c'est aussi pour cela que je demande systématiquement le permis d'origine et le projet approuvé avant de conclure quoi que ce soit sur une villa agrandie.

Puis-je agir depuis la France, sans venir sur place ?

Oui, par procuration notariée et apostillée, puis traduite par un traducteur assermenté : la France, la Belgique, la Suisse et le Monténégro sont parties à la convention de La Haye de 1961, aucune légalisation consulaire n'est nécessaire. En pratique, il faut aussi un géomètre local pour l'élaborat et l'accès à la parcelle : la procuration règle le juridique, pas le technique.

Un bâtiment sans permis expose-t-il à des poursuites pénales ?

Le code pénal réprime notamment le raccordement irrégulier aux réseaux, puni de trois mois à trois ans ; je travaille sur la consolidation de 2020 et n'ai pas vérifié les modifications ultérieures. Mais la conséquence la plus fréquente n'est pas pénale : c'est la décision administrative de démolition de l'article 48 alinéa 2, l'impossibilité de vendre de l'article 33 et la redevance annuelle de l'article 26 qui, cumulées, pèsent bien plus lourd qu'une amende.